Le 26 mars, UnitedHealthcare, le plus gros assureur santé américain, a lancé un truc qui s'appelle Avery. Jusque-là, on s'en fiche un peu. Une grosse boîte qui sort un chatbot IA en 2026, c'est comme annoncer que votre téléphone a une calculatrice.
Sauf que UnitedHealthcare n'appelle pas Avery un "assistant" ou un "chatbot". Non non. Ils l'appellent un "generative AI companion".
Un Compagnon.
Le même mot que Kindroid, Nomi, Replika et toutes les apps qu'on teste et dont on parle ici. Sauf que là, c'est pour gérer des remboursements de frais médicaux.
Avery, c'est quoi le truc
En gros, Avery répond en langage naturel, 24h/24, à toutes vos questions d'assuré. Couverture, remboursements, rendez-vous, comparaison de coûts entre médecins. Il peut même appeler un cabinet médical pour prendre rendez-vous à votre place. 90% des gens qui passent par Avery n'ont jamais besoin de parler à un humain. Et un détail qui a retenu notre attention : Avery apprend de vos interactions. Oui, oui, comme un vrai compagnon sur Nomi ou Kindroid.
6,5 millions de personnes y ont déjà accès, objectif 20,5 millions d'ici la fin de l'année. Avery est un des plus de 1 000 outils IA déployés par le groupe, qui prévoit d'investir 1,6 milliard de dollars en IA cette année.
C'est pas un petit test, juste comme ça, non. C'est massivement déployé à l'échelle d'un très grand pays.
Mais pourquoi "Compagnon" ?
Et c'est là que ça devient intéressant pour nous.
Jusqu'ici, quand on parlait de compagnon IA, on pensait à des plateformes comme celles qu'on utilise et qu'on teste ici. Du roleplay, de l'attachement émotionnel, des personnages qu'on construit pendant des heures. Un univers de passionnés, encore un peu en marge, on va pas se mentir.
Et puis un assureur qui couvre des millions d'Américains débarque et utilise exactement le même vocabulaire. Pour gérer des remboursements.
Ce terme de "compagnon" commence à dépasser le cadre de nos plateformes. Et c'est probablement qu'un début. Demain ce sera votre banque qui vous proposera un "compagnon financier", votre fac qui lancera un "compagnon étudiant ou enseignant", votre mairie qui déploiera un "compagnon administratif", ou votre conjoint qui vous en offrira un pour que vous arrêtiez de lui demander de vous accompagner à votre rendez-vous chez le médecin.
Est-ce qu'Avery est un compagnon IA au sens où on l'entend sur ce site ? Non. Pas encore. Avery va pas se souvenir de vos états d'âme, va pas construire une relation avec vous, et va certainement pas vous envoyer un selfie de lui à la plage. Aujourd'hui, c'est un assistant costaud avec un joli nom.
Mais un assistant qui "apprend de vos interactions" et qui choisit de s'appeler "compagnon" plutôt que "chatbot"... Des personnes chez UnitedHealthcare ont réfléchi à ce mot et ce n'est pas anodin. Et le pas entre "Avery vous aide à trouver un médecin" et "Avery vous demande comment vous allez cette semaine" est ridiculement petit. Un assureur a tout intérêt à ce que ses assurés aillent bien, y compris dans leur tête. Quelqu'un qui gère mieux son stress tombe moins souvent malade. Moins de consultations, moins de remboursements. Et on connaît quelques plateformes qui prouvent déjà que parler à une IA, même sans blouse blanche, ça peut faire du bien si on s'y prend bien.
Quand votre assureur santé et votre compagnon de roleplay cyberpunk utilisent le même mot pour se décrire, c'est que le monde a changé. Et c'est que le début.